En 2022, dans le cadre de son travail de fin de cycle en communication appliquée au troisième graduat de l’IFASIC (Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication) – aujourd’hui UNISIC (Université des sciences de l’information et de la communication) – Ronsard Kasanza Kashala a consacré son mémoire à un sujet d’une importance capitale : « Langage des signes et intégration sociale des sourds en République Démocratique du Congo ».

Cette recherche démontre que la langue des signes dépasse le simple rôle d’outil de communication. Elle est un véritable vecteur d’intégration sociale, culturelle et institutionnelle pour les personnes sourdes. Dans un pays où l’accès à l’éducation, aux services publics et à l’information reste limité pour cette communauté, l’étude révèle que la maîtrise de la langue des signes favorise la participation citoyenne, la reconnaissance culturelle et l’appartenance communautaire.
Kasanza identifie trois variantes présentes en RDC : une langue des signes conventionnelle utilisée dans les institutions urbaines, des systèmes créés dans les communautés rurales, et des influences importées, notamment l’American Sign Language. Cette diversité linguistique, reflet d’un dynamisme certain, pose néanmoins des défis de fragmentation et de manque de standardisation.
Les conclusions sont sans appel : l’inclusion durable des personnes sourdes ne peut se limiter à leur adaptation aux environnements dominés par les entendants. Elle exige une transformation structurelle des systèmes éducatifs et institutionnels, ainsi qu’une reconnaissance officielle de la langue des signes congolaise comme langue nationale et éducative. La formation d’interprètes et l’intégration systématique de cette langue dans les services publics apparaissent comme des conditions essentielles pour garantir l’égalité des droits.
Avec ce travail, Ronsard Kasanza Kashala contribue au débat sur la justice linguistique et les droits des personnes handicapées en Afrique. Son étude appelle à des politiques inclusives et à une gouvernance qui considère la langue des signes comme un patrimoine culturel et citoyen, indispensable à la cohésion sociale et à l’égalité des chances.
Vidéo de Ronsard Kasanza Interprétant le Journal de la Radiotélévision Nationale Congolaise