En ce 27 mars, Journée mondiale du théâtre, la parole est donnée à une nouvelle génération d’artistes. Joël Matondo, étudiant en Art dramatique à l’Institut National des Arts de Kinshasa, incarne cette jeunesse passionnée qui croit en la force des planches comme socle de formation et miroir de la société. Entre rêve de cinéma et attachement au théâtre, il raconte un cheminement où chaque rôle devient une aventure intérieure et une rencontre avec l’autre.

Du rêve de cinéma aux planches
« Le théâtre, à proprement dit, je n’y avais jamais vraiment songé », confie Joël. Son rêve initial était le cinéma, le petit et le grand écran. Mais le destin l’a ramené sur les planches, là où tout avait commencé dès la maternelle. Aujourd’hui, il voit le théâtre comme une base incontournable : « On y apprend les fondamentaux pour devenir un bon comédien. C’est une aubaine à chaque fois que je me dresse dessus. »
Un impact profond sur la vie
Pour lui, le théâtre est un moyen d’expression et de découverte, autant pour les comédiens que pour les spectateurs. « Nos émotions se croisent », explique-t-il. Chaque rôle est une aventure qui transforme et restructure la vision du monde. « On est plus sensible à ce qui nous entoure. »

Des inspirations locales et internationales
Joël admire des figures du cinéma mondial comme Will Smith, Denzel Washington, Pierre Niney, Henri Cavill ou Joaquin Phoenix. Mais il cite aussi des références congolaises : David-Minor Ilunga, Jeanpy Kafuti, Michael Disanka et le regretté El Bas Manuana.
Le théâtre comme reflet discret de la société
« Le théâtre est un détail », affirme-t-il. Sa place semble anodine, mais elle se niche dans ce que nous faisons mine d’ignorer. Pour lui, le théâtre ne s’impose pas : « Le théâtre est la vie. »
Les difficultés du théâtre en RDC
Il pointe du doigt la faible vulgarisation du théâtre et le manque de diversité du public. « Une large partie de la population congolaise ignore ses contours », regrette-t-il. Les lieux d’expression sont rares et peu accessibles, ce qui fragilise la reconnaissance des artistes.

Une méthode de travail exigeante
Pour entrer dans la peau d’un personnage, Joël suit un schéma précis : découverte, compréhension, puis rendu. « Le schéma paraît simple mais il requiert de nombreuses séances de travail. La sensibilité du comédien doit être juste car dans ce métier le résultat doit être cartésien. »
L’avenir du théâtre africain
Il se dit optimiste : « De bonne augure. Les productions sont de plus en plus régulières et de bonne qualité. » Même si les nouvelles têtes curieuses ne sont pas encore nombreuses, il croit en une amélioration progressive.
Donner plus de visibilité aux jeunes talents
Pour Joël, la clé est la méritocratie et la structuration du secteur. « Il faudrait voir en eux l’avenir d’un art qui nous unit, en leur accordant des expériences professionnelles en collaboration avec les anciens. »
Un message au public
En cette Journée mondiale du théâtre, il rappelle l’importance du spectateur :
« Ne pas hésiter à devenir nos collaborateurs. Leur présence est essentielle au développement du théâtre. Le public est la raison pour laquelle le théâtre est appelé art du spectacle. Sans lui, ce mot perdrait tout son sens. »
Une génération en devenir
Joël Matondo Mbimba est comédien de formation, passé par l’Institut National des Arts de Kinshasa, où il a obtenu un bac+5 (ancien système) en Art dramatique. Depuis le début de sa formation, il a participé à plusieurs créations théâtrales qui lui ont permis d’affiner son jeu et de s’imposer comme une voix montante de la scène congolaise. Entre rigueur académique et passion artistique, il incarne cette nouvelle génération qui croit que le théâtre est plus qu’un art : une école de vie et un socle pour bâtir l’avenir.
Joël Matondo appartient à cette nouvelle vague de comédiens qui rêvent de relier théâtre et cinéma. Son parcours illustre la force d’une jeunesse qui, malgré les obstacles, croit en la scène comme école de rigueur, d’humilité et de transformation. À travers ses mots, il rappelle que le théâtre n’est pas seulement un art : c’est une manière de vivre, de ressentir et de construire l’avenir.