En ce 27 mars, Journée mondiale du théâtre, Millénium Afrikulture s’associe à la célébration universelle de cet art qui transcende les frontières et les cultures. À Kinshasa, Ol’s Kakenge, écrivain, dramaturge et responsable de communication de Millénium, rappelle avec force que le théâtre n’est pas seulement un divertissement, mais un outil de mémoire, de sensibilisation et de transformation sociale.
« J’ai toujours aimé les arts et la scène », confie-t-il. Pour lui, le théâtre est un espace unique où émotions et sentiments se révèlent devant un public. Écrivain de romans et de poèmes, il avoue que le théâtre reste son véritable coup de cœur, car il lui permet de raconter ses histoires en devenant lui-même le personnage principal.
Le théâtre comme prisme de vie
S’il n’a pas choisi d’en faire une carrière professionnelle, Ol’s Kakenge reconnaît que le théâtre a profondément marqué sa manière de voir le monde :
« Je vis tout comme des scènes dans ma tête. Avant chaque action, je me projette dans une mise en scène intérieure. »
Cette habitude nourrit son imagination et son écriture, même si elle le rend parfois « un peu paranoïaque », dit-il avec humour.
Des maîtres et des amis inspirants
Parmi ses influences, il cite le Professeur Van Nzey Musala, le regretté Maître Elbas Manuana, ainsi que des amis proches tels qu’Aaron Lunkamba et Joël Matondo. Autant de figures qui ont façonné son regard sur l’art dramatique.
Le théâtre, miroir de la société
Pour Ol’s Kakenge, le théâtre conserve une place essentielle dans la société contemporaine :
« Il permet de dire à haute voix ce que l’on n’ose exprimer qu’à demi-mot. »
C’est aussi un outil de sensibilisation. Son prochain spectacle, Je Plaide Coupable, abordera une question cruciale : le sort des victimes des guerres en RDC et de leurs enfants.
Les défis du théâtre congolais
Le dramaturge pointe une difficulté majeure : la concurrence des écrans.
« En RDC, le public préfère la télévision, les Novelas ou Netflix. Cela fragilise le théâtre, surtout celui joué sur scène, où il nous arrive de faire face à des salles vides. »
Une vision pour l’avenir
Malgré ces obstacles, il croit en un avenir prometteur pour le théâtre africain, à condition de travailler sur des thèmes forts et de renforcer la promotion. Il insiste aussi sur la nécessité de créer des salles de spectacles et de soutenir les jeunes talents par la formation et l’accompagnement.
Un message au public
En ce jour de célébration mondiale, Ol’s Kakenge lance un appel vibrant :
« Le théâtre congolais n’est pas fini. Il traverse peut-être une période de sommeil, mais ce n’est pas une fin. Il mérite d’être célébré et mis à l’honneur. Que vive le théâtre congolais ! »
Une plume et une voix engagées
Au-delà de la scène, Ol’s Kakenge, de son vrai Olivier Kakenge s’impose aussi par ses écrits. Sa pièce » Toko Voter te « , publiée aux Éditions du Grand Lac en 2022, a marqué son entrée officielle dans le paysage théâtral congolais. En septembre 2024, il a présenté à l’Université Pédagogique Nationale son œuvre inédite » Je Plaide Coupable « , bientôt en tournée dans plusieurs écoles et universités, pour sensibiliser sur le sort des victimes des guerres en RDC.
Il a également participé au spectacle » La Vierge de Selembao « , écrit par Alice Sakina et mis en scène avec la troupe Les Inattendus, où il a contribué à la technique et à la mise en scène aux côtés de Joël Matondo et Mordekai. Sa première apparition sur scène remonte à » Les Rongeurs de la craie « , jouée à Matadi au Collège La Bonne Semence 2, où il incarnait « Monsieur le Mauvais » dans une pièce dénonçant les dérives d’enseignants abusifs.
Auteur, il a signé plusieurs pièces inédites, dont » L’Espoir fait Kin » et » C’est interdit de pleurer « , qui témoignent de son engagement à faire du théâtre un miroir des réalités sociales.
Responsable de communication de Millénium Afrikulture et du Réseau National des Interprètes et Communicateurs Gestuels, licencié en sciences de l’information et de la communication à l’UPN, option Édition Multimédia, Ol’s Kakenge est aussi interprète en langue des signes pour un étudiant sourd en sciences informatiques à l’Université Catholique Omnia Omnibus.
En ce jour de célébration mondiale, son message résonne comme une promesse : le théâtre congolais n’est pas mort, il dort… et il se réveillera avec force.